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Famille

Famille ZERGER

Origines, enracinement lorrain et responsabilités publiques

Le nom ZERGER appartient depuis plusieurs générations à l’histoire de la Lorraine. Il apparaît dans les actes d’état civil, les archives locales et la mémoire des villages. L’histoire de ses porteurs ne se résume pas à une succession de dates : elle est celle d’un enracinement territorial, d’activités agricoles et artisanales, mais aussi de responsabilités exercées au service des habitants.

Les recherches conduisent également vers les anciennes graphies SERRIER, SERRIERE et SERGER, présentes dès le XVIIe siècle à Vaudrevange (Wallerfangen), dans l’actuelle Sarre allemande, et à Sarrelouis. Plusieurs figures de cet ensemble documentaire sont associées à des fonctions économiques, religieuses et administratives.

Origines et évolution du patronyme

Les recherches sur la famille mettent en évidence plusieurs formes anciennes du patronyme, notamment SERRIER, SERRIERE, SERGER, SERGIER et SÄRRIGER, attestées dans les documents relatifs aux habitants de Vaudrevange et de Sarrelouis.

Ces variations apparaissent parfois pour une même personne.

Ainsi, en 1684, un acte notarié mentionne un certain Endreß SERRIER, dont la signature est transcrite sous la forme « Johannes SERGER ».

Deux ans plus tard, un document du 3 février 1686 relatif à l’hôpital Sainte-Anne de Vaudrevange mentionne Hans Andres SERRIER, tandis que la transcription des signatures porte le nom « Johann SERGIER ».

Ces documents constituent des témoignages importants sur les variations du nom dans cette région de contact entre les langues française et allemande.

La forme SERGER apparaît également en 1696 dans une mention de décès concernant Marguerite, fille de Philippe SERRIERE.

Le rapprochement de ces différentes graphies avec le nom ZERGER, porté par les branches lorraines, fait partie des recherches généalogiques consacrées à l’évolution du patronyme. Les étapes exactes de cette transformation sont confirmées par les actes de filiation.

Les anciennes familles SERRIER de Vaudrevange

Parmi les plus anciens représentants documentés figure Anselm SERRIER, établi à Vaudrevange (Wallerfangen) dans la première moitié du XVIIe siècle. Mentionné comme bourgeois de la ville, il était commerçant et possédait des biens immobiliers.

Époux d’Élisabeth GEIDER, également appelée GEYDER, il apparaît dans plusieurs actes notariés, notamment dès 1633. Ces documents témoignent de la place occupée par le couple dans la vie économique locale et de la possession de biens immobiliers.

Le 28 mai 1678, leurs héritiers vendirent une maison située dans la Cronengasse, ou rue de la Couronne.

Parmi les enfants du couple figurent Jean André SERRIER et Philippe SERRIERE, dont les activités et responsabilités sont particulièrement bien documentées.

Administration de l’hôpital Sainte-Anne

Un document historique daté du 3 février 1686 révèle l’intervention de Jean André SERRIER, également appelé Hans Andres SERRIER, en qualité de Brudermeister, ou maître de confrérie.

Il apparaît aux côtés de Ludwig LULLIER lors de l’organisation de travaux de restauration de l’ancien hôpital Sainte-Anne de Vaudrevange, établissement auquel était associée une chapelle dédiée à sainte Anne.

Endommagé par les conflits du XVIIe siècle, le bâtiment nécessitait notamment la réfection de sa toiture et de sa charpente.

Les deux maîtres de confrérie participèrent à la conclusion d’un accord avec les artisans chargés des réparations, en présence des échevins ecclésiastiques et du bourgmestre.

Ce document atteste ainsi l’exercice d’une responsabilité institutionnelle et religieuse par Jean André SERRIER, au sein de l’administration matérielle de cet établissement hospitalier.

Les approvisionnements royaux

Une autre fonction remarquable apparaît avec Philippe SERRIERE (vers 1640–1726), fils d’Anselm SERRIER et frère de Jean André.

Philippe devint marchand à Sarrelouis, où les sources historiques lui attribuent le titre de « Directeur des fournitures du Roi ».

Cette fonction le rattachait aux activités d’approvisionnement du service royal sous l’Ancien Régime.

Elle s’inscrit dans le contexte du développement de Sarrelouis, place forte créée à partir de 1680 sous le règne de Louis XIV, dont l’organisation militaire et administrative nécessitait d’importants moyens logistiques.

Charges et responsabilités dans la parenté

Les recherches mettent également en évidence plusieurs titulaires de charges ou de fonctions publiques dans les familles alliées aux SERRIER.

Mathias WIGEL, petit-fils d’Anselm SERRIER par sa fille Élisabeth, est notamment mentionné comme intendant et ancien bourgmestre d’une localité désignée dans les sources par l’abréviation « Bm ».

Les documents de 1724 précisent qu’il aurait exercé cette fonction municipale durant sept ou huit années.

D’autres membres des familles alliées apparaissent dans les services administratifs ou militaires, notamment Jean HUGON, officier de la terre de Ticour, et Jacques DUFOUR, maréchal des logis.

Les registres paroissiaux témoignent également de relations avec certains responsables des approvisionnements, parmi lesquels Joseph MARCHAL, directeur des fourrages, mentionné comme parrain d’un enfant de Philippe SERRIERE en 1708.

Ces différentes références permettent de replacer la parenté dans les réseaux économiques, religieux, municipaux et militaires de Sarrelouis et de ses environs.

Implantation de la famille ZERGER en Lorraine

La présence des ZERGER est particulièrement visible dans plusieurs communes de l’actuelle Moselle. Freybouse occupe une place singulière dans cette histoire : des plaques commémoratives portant le nom ZERGER sont encore visibles sur les murs extérieurs de l’église, témoignages matériels d’une implantation ancienne.

Plaque sur l’église de Freybouse comportant les noms Hinal, Speder, Schwartz, Herle et Zerger
Plaque portant le nom ZERGER, église de Freybouse (Moselle).

Des traces de la famille se retrouvent également à Kappelkinger, Laning, Puttelange-aux-Lacs et Guessling-Hémering. À partir du XIXᵉ siècle, sa présence est attestée dans d’autres localités lorraines, notamment à Rémilly, Béchy, Buchy, Chesny, Achâtel, Alémont, Saint-Jure et Lantéfontaine, mais aussi à Lunéville et à Metz. Au-delà de la Lorraine, le nom ZERGER se retrouve également dans de grandes villes françaises, telles que Paris et Nice.

Les recherches généalogiques rassemblent plusieurs générations portant les formes SERRIER, ZERRIER et ZERGER, dans un environnement marqué par la vie rurale, les métiers artisanaux et les institutions communales.

Les arbres familiaux proposent notamment une succession reliant François SERRIER, au tournant des XVIIe et XVIIIe siècles, aux branches ZERRIER et ZERGER établies en Lorraine.

Au fil du temps, les ZERGER participèrent à la vie de ces villages, à leurs activités économiques, à leurs traditions et, pour certains, à leur administration. Cette implantation se lit autant dans les sources écrites que dans les traces encore visibles du patrimoine local.

Le nom ZERGER se retrouve également au-delà de la Lorraine, notamment en Allemagne, en Suisse et aux États-Unis. En Allemagne, Richard ZERGER a notamment exercé les fonctions de maire de Bennhausen, en Rhénanie-Palatinat, de 1971 à 1974. Cette présence dans différents pays témoigne de l’étendue géographique du patronyme.

Vie publique et fonctions municipales

La présence du nom ZERGER dans les institutions locales ne tient pas à un seul mandat. Au cours du XXe siècle et jusqu’à l’époque contemporaine, plusieurs porteurs du patronyme ont exercé des responsabilités au sein de communes différentes. Cette répétition de fonctions électives témoigne d’une place réelle dans la vie municipale de plusieurs villages mosellans.

Nicolas ZERGER (1877–1954) occupe une place importante dans cette histoire municipale. Né le 24 décembre 1877 à Freybouse, il entre au conseil municipal d’Achâtel en 1914 et devient maire de la commune en 1915, pendant la Première Guerre mondiale.

Son engagement se poursuit dans plusieurs villages du Pays messin. Installé à Failly en 1926, il y exerce les fonctions d’adjoint au maire. Vers 1936, il devient maire de Chesny. Sa présence à la tête de cette commune est également signalée dans une notice datée de 1949, et la presse régionale fait état de sa réélection en 1953.

Une distinction officielle vint reconnaître cet engagement. Dans une coupure de presse consacrée à Chesny, il est annoncé que la médaille communale de vermeil avait été décernée à Nicolas ZERGER. Le journal présente cette récompense comme l’hommage rendu à « toute une vie de dévouement, de probité et de labeur au service de ses administrés ».

Nicolas ZERGER décède le 14 février 1954 à Moulins-lès-Metz, alors qu’il est toujours maire de Chesny. De ses premières fonctions à Achâtel à son dernier mandat, son parcours illustre plusieurs décennies de participation à la vie publique locale.

Jean ZERGER (1882–1953) constitue une autre figure de cette histoire municipale. Né à Freybouse, il fut élu maire de Buchy en juin 1938. Cette élection fut relatée dans Le Lorrain du 26 juin 1938. La durée complète de son mandat reste à établir à partir des archives municipales et préfectorales.

À Saint-Jure, les recherches signalent également Pierre ZERGER comme conseiller municipal. Cette mention complète le tableau d’une participation du nom à la gestion de plusieurs communes mosellanes.

Plus récemment, Yves ZERGER a été élu maire de Rémilly en 2026.

Il exerce également les fonctions de quatrième vice-président de la Communauté de communes du Sud Messin, chargé de l’aménagement du territoire, de l’urbanisme, de l’habitat et de la mobilité.

Coupure de presse historique sur les obsèques de Nicolas Zerger, maire de Chesny, en 1954
Coupure de presse consacrée aux obsèques de Nicolas ZERGER, maire de Chesny (1954).

Sources historiques

Les recherches concernant les formes SERRIER, SERRIERE, SERGER, ZERRIER et ZERGER s’appuient sur les registres paroissiaux, les actes notariés, la presse ancienne, les documents municipaux et les travaux généalogiques régionaux.

Les ouvrages de Hans Peter Klauck, consacrés aux habitants de Vaudrevange avant 1687 et de Sarrelouis entre 1680 et 1815, constituent notamment des sources essentielles pour l’étude des anciennes générations.

Pour la période contemporaine, elles sont complétées par Le Lorrain du 26 juin 1938 (élection de Jean ZERGER à Buchy), par la presse régionale de 1953 (réélection de Nicolas ZERGER à Chesny), par la coupure relative à sa médaille communale de vermeil (journal et date à identifier) et par les informations officielles de la mairie de Rémilly et de la Communauté de communes du Sud Messin.

Pour Richard ZERGER, voir la liste officielle « Bürgermeister von Bennhausen » (Verbandsgemeinde Kirchheimbolanden).

Les filiations les plus anciennes et certaines dates de mandats restent à confirmer.